Hamas

Quand le FBI tente de prendre le Hamas en flagrant délit de terrorisme... et se plante

Associated Press (AP) - octobre 2003

Selon le témoignage d'un ancien collaborateur du bureau fédéral, le FBI a fait parvenir en 1998 quelques milliers de dollars à l'une des organisations caritatives affiliées au Hamas et soupçonnée de servir de couverture. Le but de l'opération était de voir si cet argent serait utilisé ou non à des fins terroristes.

Tandis que le président des Etats-Unis Bill Clinton s'acharnait à négocier une insaisissable paix entre Israéliens et Palestiniens, le FBI transférait secrètement des fonds au Hamas, afin de voir si ce mouvement les utiliserait pour financer des attaques terroristes. C'est ce qu'a révélé, lundi 6 octobre [2003], l'agence américaine Associated Press (AP), qui se fonde sur des documents judiciaires et plusieurs entretiens avec des responsables du bureau fédéral.

Selon eux, cette opération s'est déroulée en 1998 et 1999 à l'instigation du bureau de Phoenix (Arizona), en collaboration avec les services de renseignement israéliens. Elle aurait reçu l'aval de l'Attorney General, Janet Reno. Plusieurs milliers de dollars ont ainsi été envoyés au Hamas dans le cadre d'une enquête sur les circuits de financement des groupes terroristes.

Selon le FBI, l'argent a été envoyé à l'une des organisations caritatives affiliées au Hamas et soupçonnée de servir de couverture au financement d'actions terroristes. Le but de l'opération était précisément de voir si cet argent serait utilisé à des fins terroristes. Elle a été conduite par un ancien agent du bureau fédéral, Kenneth Williams, également connu pour avoir rédigé un rapport antérieur au 11 septembre 2001 indiquant que plusieurs Arabes prenaient des cours de pilotage aux Etats-Unis, rapport qui était resté lettre morte.

Des éléments sur cette opération ont été donnés par le biais d'un témoignage - dont AP s'est procuré une retranscription - effectué en juin 2001 dans le cadre d'un procès à huis clos concernant une autre affaire d'espionnage.

Ce témoignage est celui d'un homme d'affaires de l'Arizona nommé Harry Ellen. Il assure avoir autorisé le FBI à mettre sur écoutes son domicile, son véhicule personnel et son bureau et permis que les activités de sa fondation caritative implantée dans la bande de Gaza soient contrôlées par des agents du FBI. Il a également affirmé au cours de ce procès avoir organisé une réunion d'importants activistes palestiniens et obtenu un accès personnel à Yasser Arafat durant les quatre années où il a collaboré avec le FBI.

Selon Ellen, Williams lui avait dit que "cette somme devait financer des activités terroristes".

Mais, toujours selon son témoignage, Abou Chanab l'a dépensé en dons à des orphelinats et des structures sanitaires palestiniens.

(LDL)

Les titres et intertitres sont de la rédaction du site