Nazification des Arabes par la propagande

Philosophie sioniste : "Les Arabes sont moralement inférieurs aux Allemands pendant la Shoah"

Idith ZERTAL - "La Nation et la Mort - La Shoah dans le discours et la politique d'Israël" - Ed. La Découverte 2004 - pp 271-273

Le processus de nazification des Arabes, qui avait commencé, comme nous l'avons vu, à la fin des années 1940, atteignit son apogée dans les années 1980 et 1990 dans les publications des colons, revendiquant par ailleurs un statut pseudo-scientifique qui n'est pas sans évoquer celui dont les nazis avaient essayé de parer leur antisémitisme brut et primitif.

En juillet 1991, Meir Seidler, alors doctorant en philosophie judaïque à l'université de Bar-Ilan, expliquait que « les Arabes en général sont aujourd'hui moralement inférieurs aux Allemands pendant la Shoah. Si seulement ils le pouvaient, ils nous liquideraient tous, sans éprouver aucune culpabilité à posteriori et sans que la génération suivante éprouve elles non plus de quelconques complexes ou sentiments de culpabilité, comme ce fut le cas pour de nombreux Allemands ».

En tant que Juif né après la Shoah et élevé en Allemagne de l'Ouest, Seidler prétendait que c'était son « obligation morale » que d'examiner « nos ennemis » à travers le prisme de ses connaissances historiques. « Nous avons découvert trop tard les éléments monstrueux inhérents à la culture allemande ; il nous faut déceler à temps les dangers qui nous guettent au coeur de la culture arabe. Nos voisins elles ne nous risquent un seul rêve - la Solution finale [...]. La culture arabe et une culture de terreur et de peur, une culture fondée sur la haine, une culture du mal, et ne nous pouvons faire aucun compromis avec elle, de même qu'aucun compromis n'était possible avec cet Autrichien et ses adeptes allemands il y a deux générations »[1].

Quant à Moshe Shamir, il expliquait que « le monde arabo-musulman qui nous entoure constitue la plus vaste et la plus dangereuse concentration d'agressivité fasciste, de racisme hitlérien, de tyrannie dictatoriale sans aucun frein [...]. Il n'y a aucune différence entre l'attitude de l’OLP envers l'État d'Israël et celle des autres pays arabes, de même qu'il n'y a aucune différence entre l'et le projet de Solution finale et de liquidation du peuple juif tel qu'il fut perpétré par les troupes meurtrières d'Hitler et de l'Allemagne nazie pendant la Shoah. Il y a en fait une différence entre Hitler et Arafat (c'est-à-dire entre l'Allemagne nazie et le monde arabe actuel) : Hitler a pu réaliser son projet, tandis qu'Arafat ne le peut pas. Ce n'est pas sa faute si l'État d'Israël existe encore et si les Juifs qui l'habitent sont toujours vivants. La force de Défense israélienne a déjoué ses plans ». [2]

Pour citer un autre exemple typique de projection, c'est cette industrie de la Shoah promue par les colons qui amena Hillel Weiss, professeur de littérature à l'université Bar-Ilan et habitant d'une implantation juive dans les territoires occupés, à attaquer l'industrie de la Shoah des arrogants « sionistes laïcs », qui « croient en leur supériorité spirituelle » mais qui sont eux-mêmes alarmés par ce qu'ils ont engendré, par le Golem qui se retourne contre son créateur.

Leurs conception fallacieuse de « l'humanisme et de la paix », qui pèche par son caractère « non métaphysique ou anti-historique et non anthropologique », est plus forte que leur conscience existentielle et leur instinct de survie : « La ‘paix’ est devenue un breuvage empoisonné [...]. Même un livre comme ‘Si c'est un homme’ de Primo Lévi, est hypocrite, par ce que, d'après l'écrivain, il y encore un espace pour des espérances ‘juives’ qui ne manqueront pas d'être exploitées et manipulées par des maquereaux intellectuels salonnards qui vivent du ‘problème de l'homme’. [...]. Cela vaut pour les questions de la Shoah et de la paix [...]. On en fait toutes les montagnes. On organise des festivals, on cultive la ‘nostalgie de la Shoah’. Ainsi la réalité n'a d'autre alternative que d'être pollué par les mass media humanistes qui photographient la souffrance et suscitent le scandale, prêchant l'humanisme et l'amour [...]. Aussi, afin que nous ne soyons pas comme des moutons menés à l'abattoir, nous devons dire non à tout ce monde pervers, à l'humanisme, à la paix et à la fraternité des nations, et ce pour l'amour de la paix, du bien-aimé créé à l'image de Dieu et de la solidarité entre les nations : nous avons notre propre conception de la grâce, notre propre vision de la paix et notre propre espoir de rédemption [3] ».

[1] Meir Seidler - "Les Arabes aujourd'hui sont pire que les Allemands de l'époque nazie" - Nekuda - 15 juillet 1991 - p 24-25
[2] Mosha Shamir - "Ce qui nous attend" - Nekuda - 26 février 1988 p.16
[3] - Hillel Weiss - "Un homme à l'extérieur, une bête à domicile" - Nekuda - Novembre 1989 p29-30

(LDL)

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