Censure

80% des journalistes palestiniens disent pratiquer l'auto-censure

Agence de presse palestinienne Ma'an (16 oct. 2014)

Une organisation palestinienne de défense des droits des médias a publié jeudi [16 octobre 2014] un rapport dans lequel elle affirme que 80% des journalistes palestiniens se sont auto-censurés.

Le "Palestinian Center for Development and Media Freedoms" (MADA) a diffusé un rapport sur ses constatations au terme de deux enquêtes et d'un colloqué sur l'auto-censure et son impact sur la liberté d'expression dans les médias palestiniens.

Le directeur général du MADA, Mousa Rimawi, a affirmé que l'auto-censure est "la forme la plus dangereuse et la plus sérieuse de censure" à laquelle les journalistes doivent faire face. Il a estimé que cette pratique trouve son origine pendant l'occupation militaire israélienne, avant l'établissement de l'Autorité Palestinienne.

Mousa Rimawi a rappellé que les autorités israélienne ont imposé une censure directe pendant la première Intifada, à la fin des années 1980, ce qui a conduit les médias palestiniens à s'auto-censurer tout en utilisant différentes méthodes pour contourner les restrictions à leur liberté imposées par les autorités d'occupation.

L'auto-censure a néanmoins continué après la création de l'Autorité Palestinienne, dit Mousa Rimawi, et elle s'est même accrue "concrètement et dangereusement" après la rupture entre le Hamas et le Fatah en 2007.

Pendant un colloque intitulé : "L'auto-censure : y a-t-il moyen de s'en débarrasser ?", des douzaines de journalistes et d'étudiants en journalisme ont travaillé sur les conclusions de deux études conduites par le MADA, qui ont abouti à la conclusion que 80% des journalistes interrogés ont pratiqué l'auto-censure pour tout ou partie de ce qu'ils ont écrit ou produit.

Plus de 68% des journalistes ont déclaré que leur travail, ou le travail de collègues, a été interdit de publication par leur employeur, à une ou plusieurs occasions.

Des journalistes ont aussi expliqué que l'auto-censure n'est pas induite seulement par des pressions émanant d'institutions officielles mais aussi par la peur que les éditeurs et/ou la société palestinienne ne veulent pas voir aborder des sujets considérés comme "tabous".

En décembre 2013, le MADA avait dénoncé des "violations inquiétantes" de la liberté des médias en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

L'organisation avait alors fait état de plusieurs arrestations arbitraires de journalistes, tantôt par les services de sécurité de l'Autorité Palestinienne en Cisjordanie, tantôt par ceux du Hamas dans la Bande de Gaza.

(LDL)

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