Rivlin (Réouven)

Le Président qui s'oppose à la "solution à deux Etats"

Alain Gresh (Extrait) - Le Monde Diplomatique (octobre 2010)

Réouven Rivlin (son prénom est parfois transcrit comme "Rouven") a été élu, le 10 juin 2014, à la présidence de l'Etat d'Israël par le Parlement (Knesset) dont il fut également le président. Membre du Likoud et fervent partisan de l'annexion par Israël de la Cisjordanie, il succède à Shimon Peres, défenseur - au moins en théorie - de la "solution à deux Etats". Mais il se singularise aussi par la vision d'un Etat unique, certes désigné comme "Etat juif" mais où les Arabes jouiraient de droit civils et politique égaux. Au moins en théorie, également…

« Le moindre danger, le moindre mal, serait la création d'un Etat unique avec des droits égaux pour tous ses citoyens », annonce le président du Parlement. Figure de la vie politique, un ancien ministre surenchérit : il n'existe plus désormais d'autre option que la proclamation d'un seul Etat sur tout le territoire historique de la Palestine, de la Méditerranée au Jourdain.

Une jeune députée aux convictions religieuses bien ancrées défend les mêmes conclusions. Trois personnalités palestiniennes ? Trois membres de l'organisation islamiste Hamas ? Trois antisionistes européens ? Non : ce diagnostic a été formulé par trois membres éminents de la droite israélienne.

Le premier, M. Reuven Rivlin, récuse l'idée d'une menace démographique arabe et observe que cette manière de penser « amène à évoquer le transfert ou le fait qu'il faudrait tuer les Arabes. Je suis horrifié par ces propos. Je vais dans les écoles où, lors de simulations d'élections, Lieberman [le ministre des affaires étrangères, dirigeant du parti d'extrême droite Israël Beitenou] obtient 40% des voix et j'entends des enfants dire qu'il faudrait tuer des Arabes. (…) Ce type d'attitude a été créé par la position condescendante des socialistes [le Parti travailliste] qui affirment : “Nous [les Juifs] ici et eux [les Arabes] là-bas.” Je ne l'ai jamais compris. Quand Jabotinsky (1) disait : “Sion nous appartient”, il voulait dire un premier ministre juif et un vice-premier ministre arabe (2) ».

(1) Vladimir Zeev Jabotinsky (1880-1940), leader de la droite sioniste. Ses thèses ont inspiré les partis de droite.
(2) Haaretz, Tel-Aviv, 15 juillet 2010.
(LDL)

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