Sharon Ariel

Une fin de vie en forme de métaphore parfaite du sionisme

D'Ariel Sharon, ancien premier ministre et ancien chef de guerre d'Israël, on a pu dire que la fin de sa vie a constitué une parfaite métaphore du sionisme : il a été maintenu en vie artificiellement, du 4 janvier 2006 au 11 janvier 2013, par un dispositif technologique sophistiqué et onéreux, sans que jamais pendant cette longue période ait existé l'espoir qu'il puisse retrouver une place dans la communauté humaine.

Six semaine avant son 78ème anniversaire, Ariel Sharon, alors premier ministre d'Israël, a connu une attaque cérébrale foudroyante. Les dégâts causés étaient si importants que les médecins du "Hadassah University Hospital" de Jérusalem ont presque aussitôt informé la famille que prolonger les soins relèverait de l'acharnement thérapeutique, quoique le terme même ne convenait pas : d'un point de vue "thérapeutique" il n'y avait plus rien à faire que de laisser le patient glisser vers une mort inéluctable.

Néanmoins, les deux fils d'Ariel Sharon, Gilad et Omri s'y sont opposés, et c'est la raison pour laquelle le vieux général a été artificiellement maintenu "en vie" pendant huit ans, au sens que l'activité biologique de son corps a été maintenue envers et contre tout.

L'imagerie médicale moderne a pourtant permis d'établir que le cerveau d'Ariel Sharon a subi des dommages énormes et irréversibles lors de son attaque. Pour limiter les souffrances du malade, les médecins avaient réagi en le provoquant un coma artificiel, dans lequel il fut donc maintenu pendant des années.

Comme les médecins s'y attendaient, Sharon n'a jamais émergé de son coma, il fut transféré au "Sheba Medical Centre" où seule a été maintenue une "vie" végétative, grâce à une complexe machinerie qui insufflait de l'air dans ses poumons tandis que des nutriments étaient injectés directement dans son estomac par une sonde...

A aucun moment, selon les médecins, il n'y a eu le moindre espoir de rétablissement. Un responsable de l'hôpital avait déclaré à la presse israélienne : "son cerveau a à peu près la taille d'un pamplemousse", ajoutant que "il reste la partie du cerveau qui maintient le corps en fonctionnement - les organes vitaux - mais il n'y a rien de plus, juste du liquide".

Néanmoins, les fils de Sharon - qui lui ont rendu visite chaque jour depuis son hospitalisation - ont prétendu qu'à certains moments il réagissait à leur présence. "Il est couché dans son lit, comme le seigneur du château, paisiblement endormi. Grand, fort, plein d'assurance. Ses joues sont d'un rouge qui est signe de bonne santé. Quand il est éveillé, il regarde autour de lui avec un regard pénétrant", a écrit Gilad (en proie à des hallucinations ?).

A la fin de 2013, cependant - et en dépit du fait que sa famille prétendu qu'un nouvel examen cérébral avait mis en évidence "une activité inattendue - l'état de Sharon s'est détérioré au point que même le recours massif à la technologie la plus moderne n'est plus susceptible de maintenir une apparence de vie bien longtemps.

Voir : David Blair - The Telegraph - How Ariel Sharon has been kept alive for eight years(LDL)

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