Hardakim

Qui sont les hardakim ? La nouvelle guerre des Juifs

Laurence Brown - Jerusalem Post (http://www.jpost.com/Edition-fran%C3%A7aise/Israel/La-nouvelle-guerre-des-Juifs-Qui-sont-les-hardakim-320768 )

Qui sont les harkadim ? Et pourquoi cette soudaine hostilité de la part de leur propre communauté ?

Les menaces de mort anonymes reçues depuis peu par les jeunes recrues ultraorthodoxes de Tsahal, en service dans l’armée ou dans la police, sont le signe qu’une nouvelle guerre est déclarée. Elle aura lieu, en temps et en heure, s’ils ne quittent pas leurs bases militaires et ne jettent pas leurs uniformes déclarés « tamei » (impurs).

Depuis la création de l’Etat, une convention entre Tsahal et la communauté ultraorthodoxe permet aux jeunes harédim d’être exemptés du service militaire à condition d’étudier à plein-temps dans une yeshiva. Mais une très faible minorité d’entre eux (1 300 sur 40 000) choisissent malgré tout de s’enrôler dans l’armée. Ils sont alors recrutés dans le contingent de la police ou dans le bataillon Nahal Harédi.

Ce dernier, également appelé Netzah Yehouda, a été créé en 1999. Il fait partie de la brigade Kfir et opère sous le commandement central d’Israël, celui de Judée-Samarie [NDLR : la Cisjordanie] ou celui de Jénine. Sa devise ? « Agir prudemment et triompher ». L’armée de l’air possède également une unité harédite spécialisée en informatique.

Aujourd’hui, la communauté ultraorthodoxe a commencé à s’en prendre à ces jeunes qui sortent du rang. Ils sont victimes, dans leurs propres quartiers, d’une discrimination qui se manifeste par des campagnes virulentes contre la conscription et des actes de violence physique qui se multiplient. On en vient à qualifier cette situation de milkhemet akhim, guerre fratricide.

Contre le pouvoir en place

Le mot hardakim, apparu cette année [2013], est venu remplacer le nom que l’on donnait jusque-là aux soldats ultraorthodoxes : haharédim hahadashim, les nouveaux harédim.

L’Encyclopédie du judaïsme nous explique que « hardakimNahal Harédi, ainsi que l’acronyme de Harédim Kalei Da’at (harédim qui manquent d’intelligence) ou de Harédim Haïdakim, qui désigne les microbes qui minent le monde ultraorthodoxe et le rendent impur.

La loi Tal, qui garantissait l’exemption aux harédim, a expiré en juillet 2012. Elle a été remplacée par une autre qui, élaborée par la commission Perry le 29 mai dernier, préconise le service appelés. Cette nouvelle loi entrera en vigueur en 2017, mais, en attendant, le débat fait rage. Certes, certains segments de la communauté ultraorthodoxe boycotteront toujours les actions du gouvernement, quelles qu’elles soient. Mais ce qui est nouveau, c’est que les ultraorthodoxes du monde entier se sont enflammés ; même à Manhattan, des dizaines de milliers de harédim ont manifesté contre la conscription obligatoire.

Ce n’est pas la première fois, dans l’histoire du judaïsme, que des extrémistes religieux se révoltent contre le pouvoir en place. Pendant la période qui a conduit à la destruction de l’Etat juif autonome et du Second Temple [1], en 70, les gangs sanguinaires des Sicaires terrorisaient les habitants de Jérusalem. Menés par Ben Battia, Menahem et Abba Sikra, ils combattaient par la violence le pouvoir de Yohanan Ben-Zakaï.

Armés de dagues romaines de 15cm appelées sicas, ils assassinaient tous ceux qui osaient contester les idées étroites qui constituaient leur propre idéologie religieuse.

Dans un acte de défi, Abba Sikra alla même jusqu’à incendier les réserves de nourriture de la ville assiégée, contraignant Ben-Zakaï à se rendre à Vespasien, de sorte que la ville sera perdue.

OEil pour oeil

Le 23 mai dernier, un soldat de Bne Brak a posté ce récit dans son blog : « Quand je suis descendu du bus et que je suis rentré dans la yeshiva, un groupe de garçons s’est aussitôt mis à crier : “Hardak ! Sors d’ici tout de suite ! Tu n’as pas honte de te présenter à Bne Brak dans cet uniforme de l’armée ?” Ils m’ont chassé et m’ont poursuivi, et de plus en plus de garçons venaient se joindre à eux. J’ai eu de la chance de réussir à leur échapper… ». A la suite de cette publication, on a soudain vu apparaître des pashkevilim, affiches placardées sur les murs des quartiers harédim ; les ultraorthodoxes étaient incités à expulser immédiatement tout hardaki qui se présenterait dans leur enclave.

Début juillet, un sous-comité de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset discutait du problème. Le député Elazar Stern, ancien général et chef du département des ressources humaines au sein de Tsahal, a lancé une mise en garde : « Tout individu qui s’en prend aux soldats ultraorthodoxes mérite que l’on s’en prenne à lui en retour… Il doit être traité de la même façon que nous traitons les plus graves délinquants au sein de notre société. » Le brigadier-général Gadi Agmon, qui appartient lui aussi au département des Ressources humaines de Tsahal, n’a pas hésité à comparer la campagne des ultraorthodoxes au journal nazi Der Stürmer. Selon lui, près d’une centaine de cas de violence physique et d’intimidation verbale contre des soldats harédim ont été rapportés, même si la police n’a enregistré qu’une seule plainte officielle. Cela inclut des jets de pierre, des crachats, des pneus crevés et des graffitis.

« Et si vous portez plainte, cela devient encore pire », affirme Elchanan Fromer, ancien soldat du Nahal Harédi.

Ne pas trahir Dieu

Pour Gadi Agmon, le risque d’escalade est grand. « La société haredite veut délégitimiser les garçons qui servent dans Tsahal. Elle les soumet à de graves pressions : elle ne les compte plus dans les minyanim (quorums pour la prière), les excommunie et ostracise leurs enfants à la crèche et à l’école. » Agmon appelle à assurer par des mesures judiciaires la sécurité des soldats harédim, qui sont, selon lui, des éléments exemplaires.

Il est approuvé en cela par Yaakov Perry, le ministre des Sciences et des Technologies, ancien directeur du Shin Beth, qui a présidé la commission qui porte son nom : « Toute tentative de s’en prendre à des soldats harédim, que ce soit par la force ou par l’intimidation, doit être sanctionnée avec toute la force juridique de l’Etat. » En avril dernier, Binyamin Netanyahou a rendu une visite de condoléances à Ovadia Yossef, ancien Grand Rabbin et dirigeant du parti Shas, qui venait de perdre son fils. A cette occasion, le rabbin lui a déclaré : « Je suis affligé, je suis un père qui vient d’enterrer son fils. Et pourtant, j’éprouve une affliction plus grande encore à l’idée que des étudiants de yeshiva seront bientôt enrôlés dans l’armée. » L’organisation harédite « Forteresse : centre de protection pour les problèmes de service militaire », a publié une brochure de 32 pages à l’intention du public harédi : « S’il arrive un jour que l’on nous impose un choix », peut-on y lire, « entre commettre l’un des trois péchés capitaux (l’inceste, le meurtre ou l’idolâtrie) ou mourir, nous choisirons la mort. Nous ne vivrons pas en trahissant Dieu. » La brochure explique en détail pourquoi s’enrôler dans l’armée israélienne équivaut à commettre l’une de ces transgressions.

« Maman, au secours, un hardak ! »

Des illustrations montrent des soldats harédim, aisément identifiables, pourchassant de petits enfants dans le but de les amener devant leurs supérieurs militaires. Une bulle, au-dessus des enfants qui crient, contient les mots : «Maman, au secours, un hardak !» D’autres images présentent les conscrits du Nahal Harédi marchant à quatre pattes sous la légende : «Katzon latevah : comme des agneaux allant au sacrifice», une formule qui évoque l’époque de la Shoah et la réaction d’une grande partie des Juifs d’Europe, que l’on a qualifiée de passive.

Des affiches collées aux lampadaires et sur les murs alertent par ailleurs la population : «Attention ! Il y a des hardakim dans notre quartier !», y lit-on. «Pour notre avenir, pour celui de nos enfants, gardez ces lieux propres ! Pas de hardakim dans cette zone ! La traversée de ce quartier est formellement interdite aux hardakim !» On peut aussi voir une chaussure noire au pied d’une silhouette floue, sans doute celle d’un extrémiste ultraorthodoxe, qui piétine des caricatures de soldats harédim, ainsi qu’une autre affiche, particulièrement déplaisante, qui met en garde : «Hardakim, laissez-nous vivre ! Cessez de contaminer notre air ! » Les pashkevilim affirment qu’un jeune harédi perd son âme en rejoignant l’armée : «Il y a eu les Sadducéens… les assimilationalistes… les franquistes… les sionistes… les réformistes… et maintenant, il y a les hardakim !». Yehouda arpente les rues avec son appareil pour photographier ces affiches. «Cette campagne ressemble à la propagande antisémite des années trente en Allemagne», dit-il. «De nouveaux panneaux apparaissent chaque jour». Les pashkevilim collés sur les panneaux d’affichage sont les plus virulents. On y voit des photographies de soldats déformées de manière à les faire ressembler à des cafards.

L’un d’eux montre une grosse blatte qui s’exclame : «Super, mon hardak a réussi à infiltrer la communauté. Il a commencé à rameuter des garçons du quartier pour les faire atterrir dans les griffes de l’armée… »

Agressions en série

En l’espace de quelques semaines, plusieurs graves agressions de conscrits harédim ont eu lieu à Jérusalem. Le 16 juin dernier, de jeunes ultraorthodoxes ont attaqué un soldat du Nahal Harédi qui entrait en voiture dans le quartier des Juifs de Boukhara. «Ils ont bloqué sa voiture, l’ont menacé, l’ont extrait de force du véhicule et l’ont frappé», raconte Micky Rosenfeld, porte-parole de la police. «Ils lui ont ensuite déchiré sa kippa et se sont enfuis à l’arrivée des forces de l’ordre». Deux semaines plus tôt, deux soldats agressés dans un quartier harédi s’étaient retrouvés à l’hôpital sans qu’aucun suspect ne soit appréhendé.

Récemment, en perquisitionnant l’imprimerie Ahva, à Mekor Barouch, la police a confisqué des centaines de posters destinés à être affichés dans des quartiers harédim.

L’un d’eux annonçait un «Grand concours de hardakim pour professionnels et pour enfants». Les professionnels étaient invités à proposer des dessins et des caricatures de soldats de Tsahal harédim délivrant un message clair au monde ultraorthodoxe. Les enfants, pour leur part, devaient se conformer à une règle bien précise : «Dans chaque dessin, il doit y avoir un hardak et des enfants, et l’on doit bien comprendre l’attitude des enfants vis-à-vis du hardak. Chaque mois, les meilleurs dessins seront publiés». Au bas de l’affiche, figurait un post-scriptum : «Mettre les gens en garde [contre les hardakim] ne conduit pas au péché».

Vivre comme mon père et mon grand-père

En réalité, deux points de vue existent dans le monde harédi. Celui, d’abord, des opposants à la conscription, dont les rabbins Aaron Steinman et Shmouel Auerbach, tous deux emblématiques du clan des Lituaniens. Auerbach a appelé les jeunes à ne pas se présenter au centre de recrutement quand ils reçoivent la première convocation de l’armée. A leurs côtés, figurent les cours hassidiques de Gour, Beltz, Satmar et Vichnitz, ainsi que les Netourei Karta.

Zvi, un militant des Satmar, explique pourquoi sa communauté mène campagne contre les soldats harédim. « Ils constituent une menace pour notre existence. Ils doivent être chassés de notre quartier, par la force au besoin, mais la violence arrive toujours en dernier recours. Je ne veux pas que mes enfants jouent avec les leurs, je ne veux pas qu’ils aillent chez eux et qu’ils voient de mauvaises choses. »

Selon lui, ce sont les dirigeants de la communauté qui coordonnent les violences. « Moi-même, je donne beaucoup à l’Etat », ajoute-t-il. « Je suis bénévole dans l’association Hatzalah, comme beaucoup de mes amis. On ne m’a rien demandé, on ne m’a pas forcé, et pourtant, j’effectue ce travail communautaire. Je sauve la vie des gens. Seulement, nous n’avons droit à aucune reconnaissance pour cela. Moi, je renoncerais à la vie pour défendre ce en quoi je crois. Tout ce que je demande, c’est de vivre comme mon père et mon grand-père. »

Le site harédi Kikar Hashabbat, explique lui aussi sa position par la plume de Motti Rosenstein, le bras droit du rabbin Steinman : « Quiconque n’étudie pas [la Torah] doit se sentir gêné, et il est de notre devoir de lui apprendre à être embarrassé ». Il souligne que les conscrits de Tsahal et de la police ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils choisissent de provoquer les gens en se promenant en uniforme.

Des notifications postées au nom de Moshé Zev Zargar, un rabbin affilié au groupe hassidique Satmar, préconisent de chasser tout soldat en uniforme présent dans les quartiers ultraorthodoxes de Jérusalem. « A notre grand regret, nous voyons un nombre croissant de jeunes qui choisissent d’endosser l’uniforme. Nous savons très bien qu’il n’y a pas pénurie de soldats dans Tsahal et que les harédim ne sont pas indispensables à l’armée. L’objectif de celle-ci, en fait, est de pénétrer la communauté ultraorthodoxe avec cette nega [plaie]. » Et il recommande à ses adeptes : « Si un Juif entre dans une salle d’étude ainsi vêtu, vous devez lui crier “Tamei [impur], sors d’ici !” », car le contact avec ces uniformes les rend impurs. On ne doit pas prier ainsi vêtu. Ces uniformes proclament l’hérésie. »

Yankel, hassid de Satmar, explique qu’il se pliera toujours aux instructions de son rabbin. « Je ferai tout ce qu’il me dira sans me poser la moindre question », affirme-t-il quand on lui demande s’il y aurait des limites à cette obéissance.

« Quiconque humilie un soldat harédi n’aura pas de part dans le monde futur »

Certains dirigeants harédim réagissent en revanche favorablement à la nouvelle loi. Parmi eux, le rabbin Dov Tzvi Karelinstein, lui aussi du camp lituanien extrême de Jérusalem, directeur de la yeshiva de Grodno. Devant ses élèves à Ashdod, il a exprimé son soutien aux soldats harédim : « Quiconque humilie un soldat haredi n’aura pas de part dans le monde futur. Je suis convaincu qu’un jeune harédi qui a étudié dans une yeshiva et s’est ensuite engagé dans Tsahal a reçu un heter [une autorisation] de ses rabbins et il faut donc entretenir le dialogue avec lui. Mais s’en prendre à lui ? L’humilier ? Souciez-vous de votre âme ! Si cette situation vous peine vraiment, vous pouvez toujours aller demander à ces soldats de se changer quand ils se promènent dans un quartier harédi, afin de ne pas offenser le public. »

A Bne Brak, le rabbin David Bloch, porte-parole officiel du Nahal Harédi, a lui aussi réagi : « Nos sages nous disent que quiconque s’oppose au bien de son ami risque par la suite de s’opposer au bien de Hashem [Dieu]. Quiconque n’est pas reconnaissant au soldat qui défend les Juifs en Israël, et leur permet de vivre dans une paix relative, est un ingrat. Même si nous vivons en exil, avec des ennemis qui cherchent à nous détruire, nous devons remercier ceux qui ont oeuvré et oeuvrent encore à sauver des vies. On peut être anti-sioniste et se montrer cependant reconnaissant vis-à-vis de ceux qui préservent la vie humaine. »

« La colère des harédim n’est pas justifiée », estime Tzvika Gadalovitz, ancien soldat de l’unité ultraorthodoxe. « Il y a les gens qui doivent étudier la Torah, ils sont faits pour cela, et puis il y a ceux, comme moi, qui veulent rejoindre l’armée pour contribuer au bien de leur pays et faire partie de la société israélienne. »

Troquer l’uniforme dans les toilettes publiques

Dans l’unité harédite, tous les soldats s’accordent à penser que la motivation présente derrière la violence à leur encontre est la peur de l’assimilation et de l’indépendance d’esprit.

A Betar Illit, une organisation tente de faire barrage à la propagande contre les conscrits de Tsahal. Israël Pachter, de la faction Tov (séfarade) du conseil municipal de Betar, a fait afficher dans sa ville des pashkevillim intitulés : « Des brutes veulent nous imposer leurs règles ! » Répondant à une demande des conscrits ultraorthodoxes, le département des ressources humaines de Tsahal a ouvert une hotline pour recevoir les plaintes. Au moins 60 soldats du Nahal Harédi ont déjà demandé à être exemptés du port de l’uniforme; le règlement oblige tout soldat à garder l’uniforme tant qu’il n’est pas arrivé chez lui. Seules 20 autorisations ont été accordées en réponse à ces requêtes.

Fin juin, une commission s’est réunie pour discuter de pétitions de soldats qui souhaitent pouvoir emprunter les transports en commun en vêtements civils.

Certains soldats ont d’ailleurs pris l’habitude de se changer dans les toilettes des gares routières, afin d’arriver chez eux en civil, au risque de se faire sanctionner par la police militaire. Pour eux, recevoir une amende de l’armée reste préférable à être injurié, à recevoir des crachats ou à se faire rosser de coups.

Leurs femmes et leurs enfants souffrent eux aussi de cette campagne hostile. « Certains soldats ont été empêchés d’entrer dans leur synagogue, on a craché sur eux pendant la prière à Bne Brak et à Jérusalem et des affiches de menaces ont été placardées sur leurs portes », indique un rapport de Tsahal. Leurs enfants ont été renvoyés de l’école et, dans certains cas, leur famille s’est vue retirer l’aide financière que lui versait la communauté.

Shimi est lié à la communauté de Braslav, mais se définit comme un Kanaï [Zélote]. Il nous a rencontrés dans le quartier des Juifs de Boukhara, à Guéoula, près de l’endroit où le soldat du Nahal Harédi a été agressé le 16 juin dernier. « Les deux parties sont en tort », estime-t-il.

« La solde versée par Tsahal attire les jeunes, qui finissent par perdre leur identité. Pourtant, ceux qui les agressent ont tort, parce que la violence n’est jamais une bonne solution. Tant qu’ils n’ont pas fait tchouva, tant qu’ils ne se sont pas repentis de leurs actes, on doit les obliger à quitter leur quartier, mais surtout pas par la force… Parce que, de toute façon, ces gens-là finiront forcément par revenir. » Shimi souligne ensuite que, « si les rabbins n’approuvent pas les actions de ces quelques individus qui emploient la violence, ils n’en demandent pas moins aux soldats harédim et à leur famille de quitter les quartiers ultraorthodoxes. »

Du terrorisme juif

Avigdor Liberman, chef du parti Israël Beiteinou, a écrit sur sa page Facebook : « C’est aux dirigeants de la communauté harédite et à leurs représentants politiques à la Knesset qu’il revient de condamner ces actes et d’interdire la violence à l’encontre des soldats qui ont le courage de regagner leur quartier en uniforme. »

Danny Danon, vice-ministre de la Défense, a qualifié cette campagne anti-soldats de « terrorisme juif ». « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour y mettre fin », a-t-il assuré.

Toute personne qui trouve à redire au port de l’uniforme dans les quartiers harédim n’est pas quelqu’un d’honorable et devrait avoir honte. Telle est l’opinion du Grand Rabbin de Tsahal Rafi Peretz, qui en a fait part aux soldats du Netzah Yehouda. « Tenez bon et tâchez de traverser cette période difficile la tête haute ! », leur a-t-il recommandé.

Il les a félicités pour leur courage et a affirmé que leur présence au sein de Tsahal était un grand honneur, à la fois pour eux-mêmes et pour l’Etat d’Israël.

Haïm S., soldat du Netzah Yehouda, fait écho à ce sentiment : « Entrer dans l’armée est un engagement que j’ai décidé de prendre et qui me convient. Je me suis engagé le jour où je me suis rendu compte que je n’étais pas fait pour rester assis toute la journée à étudier la Torah. Aucun extrémiste quel qu’il soit ne me fera revenir sur cette décision. Ce n’est pas parce qu’on sert dans l’armée qu’on mérite moins la Torah qu’un autre… »/p

[1] A propos du "second temple de Jérusalem", voir l'article de Wikipédia
(LDL)

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