Mondialisation

La mondialisation contre le sionisme ?

M.S. - Marianne - 2& janvier 2006

Voilà qu'une ministre israélienne de premier rang - Tzipi Livni -, en charge désormais des Affaires étrangères, intimissime d'Ariel Sharon et influente auprès du nouveau chef de gouvernement, Ehoud Olmert, s'inquiète des effets dévastateurs de la ... mondialisation. Non pas que cette libérale s'inquiète des chaos sociaux provoqués par la dérégulation économique, y compris en Israël. Mais dans un entretien récemment accordé au Monde, Tzipi Livni trouve des raisons d'ordres philosophique et historique pour appeler à contrecarrer, dans toute la mesure du possible, la mondialisation : «Elle pose le problème de l'équilibre entre les valeurs qu'elle génère et les valeurs nationales. [...] L'Europe, par exemple, essaie depuis cinquante ans de construire quelque chose au-dessus de l'Etat-nation. Nous, au contraire, voulons assurer la spécificité juive de notre Etat. Or, désormais, on entend des gens dire: "Finalement, pourquoi n'y aurait-il pas qu'un seul Etat ici ? Au fond, le judaïsme n'est qu'une religion ...". La mondialisation génère de fortes pressions contraires aux Etats-nations et des mouvements d'autopréseruation nationale».

Mais Livni va plus loin encore.

Elle tire, de cette analyse, des conséquences directement politiques quant au conflit israélo-palestinien : «De ce point de vue, je suis parvenue à la conclusion que, sur le plan international, plus le conflit israélo­ palestinien se prolonge, moins le temps joue en notre faveur. D'un côté, il faudrait attendre que les Palestiniens nous reconnaissent vraiment comme Etat juif, de l'autre, le temps est contre nous». Voilà sans aucun doute la clé du bouleversement politico-idéologique d'Ariel Sharon et de ses proches. [...]

(LDL)

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