Santé publique

Le maître-mot de la recherche sur le cancer : apartheid !

Omar Barghouti - « Boycott, Désinvestissement, Sanctions. BDS contre l'apartheid et l'occupation de la Palestine » Ed. La Fabrique

Même dans la recherche contre le cancer, l'apartheid israélien est très net. En juin 2001, le ministre de la santé israélien publia une carte représentant la distribution géographique des cancers en Israël entre 1984 et 1999. Le rapport détaillé présentait des données sur ces maladies dans les communautés de plus de 10.000 habitants mais il excluait toutes les communautés arabo-palestiniennes d'Israël, à l'exception de Rahat dans le désert du Néguev.

Interrogé sur cette absence, le cabinet du ministre invoqua des « problèmes budgétaires ».

Cette étude est particulièrement importante dans la mesure où, en Israël, il est nécessaire d'établir une corrélation entre la présence de sites polluants et la fréquence des cancers si l'on veut empêcher l'installation de nouveaux sites à risque ou exiger des contrôles environnementaux plus stricts. En omettant délibérément les villes palestiniennes dans sa cartographie complète des cancers en Israël, le ministre de la santé a autorisé indirectement les pollueurs à s'y installer.

Les résultats de cet apartheid sanitaire sont terribles. Au cours des trois dernières décennies, le taux de cancer dans la population palestinienne en Israël a augmenté de 97,8 % chez les hommes et 24,4 % chez les femmes, au lieu de 39,8 % chez les hommes et 24,4 % chez les femmes dans la population juive.

Comme l'a dit un porte-parole du Centre contre le racisme : « Le rapport a produit deux groupes distincts. D'un côté, des privilégiés dont les vies sont chères à l'Etat et au ministre de la santé; de l'autre, ceux dont les vies ne valent rien pour l'Etat. »

(LDL)

Les titres et intertitres sont de la rédaction du site