Massacre

Deir Yassin : 62 ans après, Israël s'accroche à ses honteux secrets

Dan Izenberg - Jerusalem Post

Le Jerusalem Post a révèlé, en mai 2010, quâIsraël continue à refuser dâouvrir ses archives concernant les massacres commis par son armée dans le village palestinien de Deir Yassin en 1948. Il vaut mieux en effet que le plus grand nombre ignore ce qui sâest passé au moment de la Naqba, et que ce village ne fut que lâun parmi des centaines qui furent martyrisés, pour permettre au nouvel Etat israélien de sâemparer de 78 % des terres palestiniennes, en lieu et place des 55 %, généreusement offerts par lâONU dans le cadre du mal nommé "plan de partage". Et que lâon continue à célébrer Ben Gourion, lâartisan de ces massacres, comme un grand "homme de paix".

Les événements de Deïr Yassin seraient si sensibles que 62 ans après, lâEtat refuserait encore de publier des documents et des photos conservées dans les archives de Tsahal ?

Câest la question à laquelle Eliezer Rivlinla, vice-président de la Cour suprême et les juges Edna Arbel et Neal Hendel doivent répondre. Une plainte a en effet été déposée en début de semaine par le journaliste Guidi Weitz du quotidien Haaretz et Neta Shoshani, une étudiante à lâécole dâart Betsalel, de Jérusalem.

La bataille de Deïr Yassin, à la périphérie Ouest de Jérusalem était une des plus controversées de la guerre dâIndépendance [1]. Elle a eu lieu en avril 1948, un mois avant la proclamation de lâEtat dâIsraël. Des dizaines de civils palestiniens du village ont alors été tués par des unités dâEtzel (Irgoun) et du Lehi.

LâEtat prolonge lâinterdiction

Selon la loi, lâEtat peut différer la publication de ses documents pendant une durée de 50 ans si elle risque de mettre en danger la sécurité dâIsraël, porter atteinte à ses relations diplomatiques ou dâautres raisons décidées par les responsables des archives nationales.

Si, après ces 50 années, les révélations sont toujours considérées dangereuses, lâinterdiction de publication peut être prolongée.

En 2006, Shoshani avait demandé à examiner les documents dans le cadre dâun projet dâécole. Leur publication devait être autorisée dès 1998. Pourtant, elle nâa pu consulter quâune partie des documents. Elle sâest vu refuser lâaccès à dâautres dossiers et photos demandés.

Le 19 septembre 2007, lâEtat a fait savoir que lâinterdiction de la publication dâune partie des archives de Déïr Yassin avait été prolongée jusquâen 2012.

De source officielle, certains documents pourraient nuire aux relations internationales dâIsraël, en particulier dans le cadre de négociations avec les Palestiniens. Ils pourraient également exacerber les tensions avec la communauté arabe israélienne.

(LDL)

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