Crimes contre l humanité

Les "crimes contre l'Humanité" font partie intégrante de la politique israélienne

Isabelle Fouchard -- Henry Laurens -

Aux termes de l'Article 7 du Statut de Rome [1], trois conditions sont présentées comme caractérisant le crime contre l'Humanité :

  1. il est commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique.
  2. cette attaque est dirigée contre une population civile
  3. l'auteur a agi intentionnellement et en connaissance de l'attaque dans laquelle s'inscrit son crime.

Les deux premier éléments peuvent être envisagés conjointement sous l'angle de l'élément matériel du crime contre l'humanité et le troisième sous l'angle de son élément moral.

Isabelle Fouchard
"Le crime contre l'humanité - La formation du crime contre l'humanité en droit international" (Presses Universitaires de France - 2009) *


Le contre-terrorisme israélien n'est que le retournement de la violence terroriste contre ses auteurs supposés. [...]

Terrorisme et contre-terrorisme constituent des enfermements dans la violence. Dans les guerres du Liban, toute la population palestinienne est considérée comme "terroriste", ce qui aboutit aux massacres de Sabra et Chatila de 1982. Il en a été de même par la suite pour la population chiite. Il devient inévitable que la criminalisation conduise au crime. l'utilisation du terme "terroriste" devient un permis de tuer.

Il n'existe pas de dégâts collatéraux aux actions israéliennes. La volonté de frapper les populations ou les infrastructures civiles, pour les dissuader de soutenir les Palestiniens et le Hizbollah est explicite dans un certain nombre de déclarations de responsables israéliens, comme Ithzak Rabin ou Shimon Pérès. La même logique a été appliquée lors de la guerre de 2006 contre le Liban. Ce discours a été repris tout au long de 2008 par des militaires israéliens de haut rang.

Henri Laurens, Professeur au Collège de France
"Terrorismes - Histoire et Droit" * - p. 54
CNRS Editions - 2010


La guerre du Liban de 2006 montre bien le paradoxe : le Hizbollah est une organisation terroriste qui tue beaucoup plus de militaires que de civils, tandis que l'armée israélienne est une force légale qui tue beaucoup de plus de civils que de combattants.

Henri Laurens, Professeur au Collège de France
"Terrorismes - Histoire et Droit" * - p. 61
CNRS Editions - 2010

[1] traité instituant la Cour Pénale Internationale (CPI), Rome 1998

* Ouvrage collectif sous la dir. de Henry Laurens et Mireille Delmas-Marty

(LDL)

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