Savoir-vivre

Dix conseils pour éviter de faire traiter d’antisémite dans les dîners en ville

Frédéric Bonnaud - Siné Hebdo

Dix conseils pour éviter de faire traiter d’antisémite dans les dîners en ville

La mode au sein de "Tsahal"

T-shirts très en vogue parmi les soldats de certaines unités de "Tsahal", "l'armée la plus morale du monde". Sur celui de gauche, le dessin représente une femme arabe (caricaturée par le vêtement) manifestement enceinte, vue à travers le viseur d'une arme. On lit en-dessous : "Un tir, deux morts".
A droite, c'est un enfant palestinien qui est représenté comme cible "privilégiée".

  1. Dire « Tsahal ». «Tsahal », mon amour. L’armée israélienne est la seule au monde que l’on appelle par son petit nom. Évitez absolument les termes «Tueurs de bébés».
  2. Ne surtout pas affirmer qu’Israël n’a nullement l’intention de rendre les Territoires - qui représente 22% de la Palestine historique. Il s’agit d’une guerre entre civilisations, pas d’un conflit territorial et encore moins colonial. C’est eux ou nous, c’est là que ça se joue, vous comprenez ? Vous avez envie de vivre dans une république islamique ?
  3. Refusez absolument toute conversation historique, source de confusion et d’aveuglement. D’où vient le Hamas ? Qui a contribué à son succès ? le Hamas, c’est le mal.
  4. Ne jamais prononcer le nom d’Ytzhak Rabin. Jamais.
  5. Ne pas se laisser émouvoir par le sort des victimes civiles. D’ailleurs, ce ne sont pas des «victimes civiles» mais de malheureux «boucliers humains». Le Hamas n’est d’ailleurs pas le seul à s’en servir ; l’ONU aussi dans les écoles où ses hôpitaux. BHL l’a écrit dans "Le Point" (8 janvier 2009) ; Tsahal téléphone systématiquement aux « Gazaouis vivant aux abords d’une cible militaire pour les inciter à évacuer les lieux ». Est-ce la faute de Tsahal si l’annuaire de Gaza n’est pas à jour ?
  6. Ne pas dire que Gaza, c’est grand comme le 9-4*. Ne pas insister sur le fait qu’à cause du blocus israélien, les bombardés ne peuvent s’enfuir absolument nulle part. C’est la sécurité d’Israël qui est en jeu, faut-il le rappeler ?
  7. S’inquiéter hautement de la « haine d’Israël ». Formulation ambiguë. Non pas la haine qu’éprouve Israël pour les indigènes palestiniens, mais bel et bien la haine que risquerait d’éprouver pour Israël tous ceux qui auraient la curieuse idée de lui reprocher quoi que ce soit. La popularité du bourreau plutôt que le sort de la victime.
  8. Bien insister sur l’aspect « communautaire » des manifestations pro-palestiniennes. Ne pas dire qu’elles sont composées d’une majorité d’Arabes mais d’une masse de « musulmans », parler de « mosquées à ciel ouvert », y aller carrément ! Tous les Arabes sont musulmans, non ? Sur les bords ? Plus ou moins ? Eux ou nous vous dis-je ! Les manifs pro-israéliennes, elles, ne sont pas « communautaires », pas le moins du monde.
  9. Ne pas parler – comme Jean Daniel dans l’Obs du 15 janvier 2009 – de « massacre des innocents ». Douteux ce Daniel. N’a-t-il pas écrit un livre intitulé la Prison juive ? Cas typique de « haine de soi ». Comment peut-on être juif et ne pas soutenir inconditionnellement Israël ? Ne jamais dire qu’il y a même des juifs qui manifestent avec les «musulmans» et les « islamo/fascistes». Triste, trop triste.
  10. Après le « Zénith de l’ignominie », exprimer sa crainte navrée d’une nouvelle et haineuse alliance « rouge-brun-beur ». Tant il est vari que l’extrême droite française a toujours été du côté des Arabes. C’est bien connu. C’est sa spécialité, son fonds de commerce, son beau souci. Et les Arabes savent bien où sont leurs vrais amis ! Le Pen, par exemple, était déjà pro-Arabe en Algérie. Il l’a prouvé. Ne jamais oublier non plus que plus c’est gros, plus c’est niais, mieux ça passe.
* Département français du Val-de-Marne.
(FG)

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