Wiesel (Elie)

Un maître chanteur, pour qui l'antisémitisme importe peu, pourvu qu'on soutienne Israël sans conditions

Sébastien Fontenelle (Politis) - http://www.politis.fr/-Sebastien-Fontenelle-.html?60.html

Le 21 septembre [2009] dernier, le site du Nouvel observateur met en ligne une contribution de « lâécrivain et prix Nobel de la paix Elie Wiesel », qui, prenant position dans « le procès qui oppose SOS Racisme à Pierre Péan », sâinterroge gravement : « Où commence et où sâachève la responsabilité dâun écrivain ? »

Elie Wiesel écrit : « Péan est-il raciste ? Je nâen sais rien. Je veux bien le croire. Est-il négationniste ? Il le nie. Je lâespère pour lui. On me dit que, lors de son procès, il avait éclaté en pleurs lorsquâun témoin compara certaines de ses expressions contre les Tutsis aux propos antisémites du Mein Kampf. Son émotion ne peut que me toucher (...). Cependant je ne peux me libérer dâun sentiment de malaise en relisant certains passages sortis de sa plume ».

En clair : je ne sais pas si Pierre Péan est un raciste et un négationniste, lui-même sâen défend et après tout je veux bien le croire, mais tout de même, jâai lâimpression quâil est assez raciste, et quelque peu négationniste.

Jusque là, rien dâexceptionnel : nous sommes en présence dâun cas, très incommodant, certes, mais tristement ordinaire dans lâépoque, de chantage au racisme et au négationnisme.

Mais voyons maintenant, avec le journaliste américain Max Blumenthal, ce quâa été lâemploi du temps récent du même Elie Wiesel qui sâest montré si empressé de salir Pierre Péan par de nauséeuses imputations.

Le 3 septembre dernier, acte 1 : lâécrivain-et-prix-Nobel-de-la-paix accorde aux États-Unis un entretien (voir ici) au télévangéliste John Hagee, supporteur inconditionnel du gouvernement israélien, et lui déclare notamment : « My dear pastor, in the pastâthe distance pastâwhenever Christianity unified its ranks, it was against the Jewish people. For the Crusades and the pogromsâit was always like that. Now, when I hear that Christians are getting together in order to defend the people of Israel, of course it brings joy to my heart. And it simply says, look, people have learned from history ».

Le « cher pasteur » John Hagee et ses ouailles mettent donc de la « joie » dans le « coeur » dâElie Wiesel, qui, de fait, quelques semaines plus tard, le 25 octobre, acte 2, prend la parole au cours dâun rassemblement de soutien au gouvernement israélien organisé par ce même « cher » prédicateur.

Or : ce personnage pour qui lâécrivain-et-prix-Nobel-de-la-paix éprouve tant de vive sympathie est, comme lâexplique ici Max Blumenthal, un illuminé antisémite, qui a notamment déclaré, jâespère que tout le monde est assis, que lâHolocauste avait été un événement divin, et que lâAntéchrist était homosexuel et « partiellement juif, comme lâétait Adolf Hitler, comme lâétait Karl Marx ».

John Hagee supportait bien évidemment John McCain contre Barack Obama, pendant la campagne présidentielle de 2008, mais, comme le souligne encore Max Blumenthal : « Quand les délires antisémites » du prêcheur dément ont été dénoncés pour ce quâils étaient, le candidat républicain a renoncé à son inconvenant soutien.

Et justement, observe encore Max Blumenthal : « À la différence de McCain », Wiesel ne peut absolument pas « feindre » dâignorer les divagations antisémites dâHagee, précisément parce que la « rupture » avec McCain a fait, en son temps, beaucoup de bruit (voir ici).

En clair, le même écrivain-et-prix-Nobel-de-la-paix qui se permet de traiter Pierre Péan de raciste et de négationniste nâéprouve manifestement aucune difficulté à se produire au flanc dâun prédicant ravagé qui voit en Hitler un « envoyé de Dieu » : il me semble que nous sommes dès lors fondés à nous demander, avec un peu de gravité, où commence et où sâachève la responsabilité dâun écrivain-et-prix-Nobel-de-la-paix.

(LDL)

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