Gâtisme

Enrico Macias, messager de la haine ... et spéculateur maladroit

LDL - Citation extraire de "Etre Juif après Gaza" - Esther Benbassa - CNRS Editions 2009, p. 63

En 1997, l'ONU a nommé Enrico Macias "messager de la paix". On peut lire sur un site web onusien : "Messager de la paix en 1997. Sa musique reflète son engagement actif en faveur des droits de l’homme, de la paix et de la tolérance, et appelle l’attention sur le sort des réfugiés de la planète. Né en Algérie, M. Macias a partagé la douleur des réfugiés qui ont perdu leur pays, leur famille et leurs amis, ayant lui-même quitté son pays co mme réfugié pour s’installer en France il y a plus de 30 ans." *

Le 4 janvier 2009, à l'appel du "Conseil (dit) Représentatif des Institutions Juives de France" (CRIF) 12.000 personnes ont manifesté leur soutien à l'offensive militaire israélienne contre Gaza au cours d'une manifestation à proximité de l'ambassade israélienne à Paris.

A cette occasion, Enrico Macias, qui venait de fêter son 70ème anniversaire, proclama : «Machiah [le Messie] est arrivé le jour de la création de l'État d'Israël. Rien n'arrêtera le cours de notre histoire. Je serai toujours aux côtés d'Israël et si des épreuves personnelles ne m'en avaient pas empêché, je serais moi-même aujourd'hui à Gaza, aux côtés des soldats de Tsahal. Ils sont en train de mourir pour nous. Je veux mourir pour eux ! »

L'agression militaire israélienne contre Gaza a causé, entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, la mort de 1.300 Palestiniens, dont 40% sont des enfants (412) ou des femmes (110), un grand nombre des victimes masculines étant des "civils" (ne participant pas aux combats). L'offensive israélienne a de plus causé 5.000 blessés, en majorité des civils, et la destruction d'innombrables habitations, des infrastructures, etc...

Les combats ont causé la mort de 9 soldats de l'armée israélienne, auxquels s'ajoutent trois civils et un militaire israéliens tués par des tirs de roquettes et de mortiers palestiniens vers l'extérieur du territoire de la Bande de Gaza (dont les limites furent fixées par Israël lors de précédentes guerres de conquête).

Contrairement à toutes ces victimes civiles, M. Macias, quant à lui, "voulait mourir". A ce jour, ce voeu n'a pas été exaucé.

A savourer aussi cette déclaration d'amour à "Tsahal", qui - déclare Enrico Macias - "permet, au-delà des frontières d'Israël" de défendre "toutes les frontières du peuple juif dans le monde entier". Rappelons qu'à ce jour Israël n'a jamais accepté de définir ses propres frontières.

En juillet-août 2014, lors d'une nouvelle agression militaire israélienne contre la population de Gaza, Macias a à nouveau pris des positions similaires. Alors que les bombardements israéliens faisaient plus de 1.800 morts et environ 9.000 blessés palestiniens, dont 80% de civils, et que l'armée israélienne comptait 56 morts dans ses rangs auxquels s'ajoutaient 2 victimes civiles israéliennes, Macias affirmait que "Israël ne peut pas se permettre de perdre une bataille, car c'est son existence même qui est en jeu" (Le Parisien, 8 août 2014)


La reconnaissance de l'armée israélienne pour les encouragements d'Enrico Macias, ""messager de la paix" :



Enrico Macias condamné à rembourser 30 millions d'euros
après une combine fiscale qui a foiré...


En juillet 2007, Enrico Macias et son épouse, aujourd'hui décédée, avaient contracté un prêt auprès de la filiale de la banque islandaise Landsbanki à Luxembourg (paradis fiscal dont la réputation n'est plus à faire auprès de tous les Français fortunés qui cherchent à échapper à l'impôt), garanti par deux biens immobiliers, dont la villa du chanteur à Saint-Tropez.

Il s'agissait d'un prêt de type "Equity release" consistant à mettre en garantie des biens immobiliers pour obtenir des liquidités utilisables librement et dont le montant est déterminé par la valeur de ces biens. L'emprunteur ne reçoit qu'un certain pourcentage de la somme totale empruntée et est obligé d'investir le différentiel dans des supports spéculatifs. En l'occurrence des contrats d'assurance-vie dans le cas des prêts consentis par Landsbanki.

Enrico Macias reçut donc 9 millions d'euros en liquide et le surplus de 26 millions fut investi dans trois polices d'assurance-vie: deux de 11 millions chacune et un contrat de 4 millions. En 2008, la banque islandaise fut déclarée en cessation de paiement puis en liquidation et la valeur du portefeuille d'assurance-vie s'écroula. Les biens gagés ne permettant plus de couvrir les ratios de couverture du contrat prêt, la liquidatrice réclama en 2009 le remboursement intégral du prêt. Ce à quoi le chanteur français s'opposa.

Enrico Macias avait attaqué la banque en liquidation devant le tribunal de commerce luxembourgeois en réclamant la nullité du prêt de 35 millions d'euros. Ses avocats ont invoqué des fautes de Landsbanki et considéré que le montage financier qui lui fut proposé reposait "sur un mensonge juridique et économique, mais également sur une tromperie concernant ses véritables risques".

Le chanteur demandait aux juges luxembourgeois des dommages et intérêts en réparation de son préjudice évalué à 43,513 millions.

Mais les juges luxembourgeois ont débouté le chanteur, en février 2014, en arguant qu'il était "un investisseur averti" et qu'il avait contracté le prêt de 2007 "en toute connaissance de cause".

Ils auraient pu ajouter que s'il y avait "mensonge économique" c'était avant tout dans son chef, puisque tout le montage visait à l'évidence à éluder l'impôt en France, car si Enrico Macias vénère Israël, il est beaucoup moins porté, semble-t-il, à s'acquitter loyalement des obligations de tout citoyen dans le pays où il vit.

* comme le firent l'immense majorité des juifs algériens qui, lors de l'indépendance de l'Algérie, ne choisirent pas de s'installer en Israël.
(LDL)

Les titres et intertitres sont de la rédaction du site