Drapeau (blanc)

Le simple fait d’agiter un drapeau blanc ne confère pas automatiquement l’immunité (porte-parole de l'armée israélienne). Le fait d'être un gosse non plus (l'expérience vécue à Gaza)

AFP

L’armée israélienne a tué onze civils palestiniens alors qu’ils agitaient le drapeau blanc, durant son offensive de décembre et janvier dans la bande de Gaza, affirme l’organisation Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié jeudi (13 août 2009).

Selon ce rapport de soixante-trois pages, établi à partir de témoignages, d’examens médicaux et balistiques, les soldats israéliens ont tué dans sept cas séparés onze civils palestiniens, dont cinq femmes et quatre enfants, et ont blessé au moins huit autres arborant le drapeau blanc pour être épargnés.

"Ces civils étaient en groupes et agitaient un T-shirt ou un foulard. Il n’y avait aucun combattant palestinien dans les parages à ce moment-là", souligne Human Rights Watch, qui appelle l’armée à ouvrir une enquête sur ces morts. Son rapport précise également que ces onze civils n’ont pas servi de boucliers humains aux combattants du Hamas et n’ont pas non plus été victimes d’échanges de tirs.

"Les soldats israéliens n’ont, au meilleur des cas, pas pris les précautions nécessaires pour distinguer les civils des combattants avant d’ouvrir le feu, comme l’exigent les lois de la guerre", précise le rapport. "Dans le pire des cas, ils ont délibérément attaqué des civils, et sont donc responsables de crimes de guerre", relève-t-il encore.

L’armée israélienne a ouvert quatorze enquêtes contre des soldats soupçonnés de conduite criminelle lors de l’offensive dans la bande de Gaza. *

Ce rapport est le sixième de Human Rights Watch sur cette opération. Dans quatre des rapports précédents, l’ONG avait déjà reproché à Israël d’avoir violé les règles du droit international qui obligeant un belligérant à distinguer entre cibles civiles et militaires. Un cinquième rapport avait qualifié de "crimes de guerre" les tirs de roquettes contre des civils israéliens par le Hamas.

Selon les services de santé palestiniens, 1 400 Palestiniens ont été tués et quelque 5 000 blessés durant l’offensive militaire israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza [en décembre 2008 - janvier 2009].

Un porte-parole de l’armée israélienne a pour sa part mis en cause les faits consignés dans ce rapport en soulignant que ce document est basé "sur des témoignages d’un certain nombre de Palestiniens dont la crédibilité n’a pas été étayée"**. Le porte-parole a également affirmé que le Hamas a utilisé des Palestiniens agitant des drapeaux blancs "pour se livrer à des attaques et se protéger contre le feu de nos soldats"***.

"Le simple fait d’agiter un drapeau blanc ne confère pas automatiquement l’immunité", a ajouté le porte-parole en soulignant que les soldats sont autorisés "à neutraliser une menace" si une personne avec un drapeau blanc représente un danger pour eux.

Selon lui, l’armée a procédé à des enquêtes à propos de plusieurs incidents mais il a indiqué que les faits recueillis ont jusqu’à présent permis d’établir que les "soldats ont agi conformément aux lois de la guerre définies par le droit international et ce, malgré le caractère complexe des combats" dans la bande de Gaza.

Le bureau du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a également mis en cause la crédibilité de ce rapport. "Les dons recueillis par Human Rights Watch en Arabie saoudite et son gouvernement autoritaire soulèvent d’importantes questions sur l’objectivité, le professionnalisme, l’intégrité et la crédibilité de ce rapport" , a affirmé le porte-parole Mark Regev.

* l'expérience démontre que ce type d'enquête ne débouche que très exceptionnellement sur des poursuites contre des soldats ou officiers israéliens, l'armée israélienne ne reconnaissant d'ailleurpratiquement jamais les faits.
** la longue liste des mensonges officiels suffisant en revanche à "étayer" la crédibilité des militaires israéliens...
*** qui se trouvaient paisiblement là en train de faire des emplettes au marché, sans doute...

(LDL)

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