Eau

Dans les villages palestiniens privés d'eau par l'occupant

http://palsolidarity.org via http://www.ism-france.org

Depuis la mi-mars [2009], les robinets sont secs à Qarawat Bani Zaid â pas dâeau pour boire, pour laver, pour le bétail ou pour lâagriculture.

Dans les villages voisins de Kafr Ein, Beit Rima, Dayr Ghasana et Nabi Saleh, lâeau manque également. Environ 15.000 personnes vivent dans ce secteur, situé au nord-ouest de Ramallah, qui, au plus fort de lâété torride, reçoit une ration dâeau de 48 litres par personne et par jour â environ 20% de la moyenne de la consommation des colons juifs dans les Territoires palestiniens occupés et les habitants dâIsraël (235 litres), et moins de la moitié de la mesure de déficit en eau selon lâOMS (100 litres par jour).

Les années passées, les ménages de Qarawat Bani Zaid et les villages alentours recevaient lâeau de la source Aboud. Cependant, depuis 2000, la compagnie israélienne de lâeau Mekorot contrôle lâeau des sources de la région, dont elle ne laisse que 20% au réseau palestinien de distribution de lâeau. Il faudrait environ 100 m3 par heure pour approvisionner toutes les familles de la région par le réseau de canalisations. Actuellement, ce réseau ne fournit au maximum que 70m3 par heure, et lâété, lâapprovisionnement descend à 30m3 par heure.

Un soldat israélien photographie la destruction d'une installation d'irrigation construite par un agriculteur palestinien, près de la colonie juive de Qiryat Arba'a (Hebron), le 8 juin dernier. Prétexte : ces installations ont été construites sans l'autorisation de l'occupant... pour la bonne raison que ces autorisations ne sont jamais délivrées (en dépit des sommes énormes de plusieurs milliers de dollars US que l'occupant exige pour l'introduction des dossiers).

Le village de Qarawat Bani Zaid est le plus éloigné de la source, et en conséquence souffre le plus de la pénurie dâeau : 90% de ses habitants nâont pas dâeau, par le réseau de canalisations, depuis plus de quatre mois. Pour compenser le manque, ils sont obligés dâacheter lâeau à un prix très élevé à des citernes â 1m3 (1.000 litres) coûte environ 40 shekels (7â), soit 10 fois le coût par les canalisations. Les familles les plus pauvres luttent pour se payer assez dâeau pour boire.

« Si rien ne change, beaucoup devront quitter la région, » dit Sabri Arah, membre de la municipalité. « Câest au coeur du projet de lâoccupation israélienne. »

Depuis lâoccupation de la Cisjordanie en 1967, le gouvernement israélien a contrôlé les ressources locales en eau et les a détournées au profit dâIsraël et des colonies juives dans les Territoires palestiniens occupés. Israël et la Palestine ont deux systèmes dâeau communs : la Montagne aquifère et le Bassin du Jourdain, qui appartient aussi à la Syrie, au Liban et à la Jordanie. Israël revendique environ 67% de lâeau de la Montagne aquifère. De grandes parties du Bassin du Jourdain sont en Cisjordanie, mais les compagnies israéliennes contrôlent 31% de lâeau du bassin, et les compagnies palestiniennes nâont absolument aucun accès à cette eau.

Près de 30% des villages palestiniens ne sont pas reliés au réseau dâeau et dépendent donc des puits et de lâeau de pluie recueillie dans des citernes. La nappe phréatique est considérée comme propriété de lâEtat israélien et le forage de puits et la construction de citernes sans accord écrit sont un délit. Lâobtention de permis pour ces structures constitue un processus long et complexe, et lâautorisation est rarement accordée. Dans la plupart des cas, les Palestiniens nâont pas accès aux puits de leurs villages parce quâils sont situés sur des terres volées par les colonies illégales, les bases militaires ou hors dâaccès à cause du mur dâapartheid.

Le 7 août 2009, des Palestiniens, accompagnés dâactivistes internationaux et israéliens pour les droits de lâhomme, ont escorté un convoi de citernes à eau, brisant le siège israélien sur lâeau dans le village de Qarawat Bani Zaid, et ont amené lâeau à ses habitants.

Les habitants sâétaient rassemblés au centre du village pour accueillir lâaide en eau. Le convoi a été fêté dans tout le village avec de la musique, des danses et des discours des villageois et des militants. Des banderoles proclamant « Fin du siège de lâeau » et « Plus de soif » en arabe, en anglais et en hébreu, ont été échangées et brandies par les Palestiniens, les Israéliens et les internationaux tout au long de la livraison de lâeau.

Un représentant local a demandé aux militants israéliens de rentrer chez eux avec un message de paix : « Nous voulons la paix et lâeau. Nous sommes le seul peuple au monde qui doit acheter lâeau à ses occupants. Aujourdâhui, nous vous accueillons parce que vous venez en tant quâamis, pas en tant quâattaquants, soldats ou occupants. Dites à votre gouvernement que nous ne voulons pas son eau, nous voulons notre eau. »

(LDL)

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