Démocratie

Déçus, pessimistes et désabusés, les Israéliens sont aussi de plus en plus hostiles à la minorité arabe (sondage)

D'après Haaretz et Jerusalem Post (3 aout 2009)

Près de la moitié des Israéliens croient que pour être un « vrai israélien » il faut être né en Israël. C’est ce que met en évidence la publication, ce 3 août 2009 comme chaque année, de « l'index israélien de la démocratie » (Israeli Democracy Index) par le « Israël Démocracy Institute » (IDI).

Ce rapport, dont les auteurs mettent cette année l'accent sur l'intégration des immigrants venus de Russie dans la société israélienne, remet en question l'idée prédominante en Israël selon laquelle elle se fait en douceur. L'étude révèle que la majorité des immigrants russes ont le sentiment de ne pas avoir prise sur leur réalité immédiate, même 20 ans après le début de l'immigration en provenance de l'ex-URSS.

Le sondage d'opinion a été réalisé en mars 2009, sur un échantillon aléatoire d'adultes israéliens de 1.191 personnes, en trois langues (Hébreu, Arabe et Russe). La marge d'erreur théorique annoncée est de 2,8 %.

L'étude met en évidence que les immigrants d'origine russe sont plus pessimistes,que les problèmes auxquels ils sont confrontés sont plus rudes et que leurs réactions sont plus virulentes, par comparaison avec les Israéliens de longue date. Ils expriment plus de craintes quant aux menaces sur la sécurité d'Israël, ils se sentent moins liés à ce pays et moins d'entre eux espèrent que leurs enfants grandiront en Israël.

Selon l'étude, 77% des immigrants venus de Russie sont favorables à une « migration » des Arabes hors d'Israël (en d'autres termes, le « transfert » ou, si on renonce aux euphémismes, leur déportation), contre 47% de personnes favorables à une telle politique parmi les « native Jews » (les juifs nés en Israël). 33% des « native jews » acceptent la présence de partis arabes à la Knesset, alors que seulement 23% des immigrants russes la jugent acceptable.

23% seulement des Israéliens s'opposent à une affirmation telle que « une majorité juive est nécessaire pour prendre des décisions fondamentales pour le pays ». Ils étaient 38% en 2003. Le sondage traduit donc une tendance de plus en plus favorable à la suppression des droits politiques de la minorité arabe israélienne.

54% des Israéliens, juifs et arabes confondus, sont d'avis que « seuls les cioyens loyaux envers leur pays devraient jouir des droits civils ». Mais ils sont 56% parmi les « native jews, 67% parmi les immigrants d'origine russe et 30% parmi la minorité israélienne arabe).

38% des juifs estiment que les citoyens juifs devraient avoir « plus de droits » que les non-juifs (43% parmi les « native jews, 23% des immigrants).

61% des Israéliens trouvent la démocratie de ce pays “insatisfaisante”, ce qui n'est sans doute pas sans lien avec le fait que 89% des personnes interrogées considèrent que la corruption des prédominante en Israël, et que 50% pensent que les hommes politique ne s'engagent politiquement que par appât du gain. 47% des immigrants considèrent que pour réussir en politique il faut être corrompu, mais la minorité arabe a une vision différente, selon les auteurs de l'étude : 66% de ses membres sont en effet d'un avis contraire.

Le taux de confiance dans l'armée atteint 79%, mais 40% des personnes interrogées seulement on confiance dans la police.

Les Israéliens de naissance et les immigrants russes sont d'accord sur un point : les menaces qui pèsent sur la sécurité d'Israël sont une raison pour émigrer. 81% des immigrés d'origine russe pensent même que c'est la raison majeure, contre seulement 9% parmi les Israéliens de naissance.

Seulement 28% des immigrants, quel que soit leur âge, sont d'avis que les aspirations qui étaient les leurs avant qu'ils arrivent en Israël ont été “largement réalisées”, et très peu d'entre eux espèrent que leur niveau de vie va s'améliorer dans le futur. 54% ont d'ailleurs le sentiment d'être largement sur-qualifiés par rapport à l'emploi qu'ils ont obtenu. 24% des juifs nés en Israël ont le même sentiment, et la différence de ce point de vue entre les deux populations est tout spécialement marquée parmi les jeunes.

41% des Israéliens de naissance considèrent que “les Arabes israéliens subissent des discriminations par rapport aux juifs”, mais seuls 28% des immigrants d'origine russe partagent cet avis.

Enfin, si 74% des Israéliens expriment l'avis que “la liberté d'expression pour tout le monde, quel que soit son statut” est une valeur importante de la démocratie, 58% - soit 1O% de plus qu'en 2003 - sont dans le même temps d'avis que “l'expression de critiques politiques violentes contre l'Etat d'Israël doit être interdite”.

(LDL)

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