Homosexualité

Les homos responsables des tremblements de terre ?

D'après : "Jérusalem Post", "Têtu", www.yoavsivan.com, ...

Un homme armé a ouvert le feu à l'arme automatique samedi soir (1er août 2009) dans un centre où se réunissaient de jeunes homosexuels à Tel Aviv, faisant deux morts et au moins douze blessés, selon la police. On connait désormais les noms des victimes Yaniv K., 26 ans, de Givatayim, et Liz T., 17 ans, de Holon.

L'homme a surgi dans le sous-sol de l'Association des gays et lesbiennes de Tel Aviv et ouvert le feu sur un groupe de soutien pour adolescents homosexuels, avant de réussir à prendre la fuite, a précisé le chef de la police Micky Rosenfeld. Il a ajouté qu'il ne s'agissait "très vraisemblablement" pas d'un attentat terroriste.[1]

Selon le journaliste israélien Dany Zak, "le parti Shas [2] a sur les mains le sang de deux gamins innocents. Le parti Shas a accusé les gays de véhiculer des maladies et des tremblements de terre. Ça s'appelle de l'incitation à la haine, mais pour ça, personne n'est poursuivi en justice".

Le Shas a répondu par une déclaration faisant suite à la fusillade, exhortant la Police à "trouver le tueur et à la poursuivre en justice. Un meurtre est contre tout commandement toraïque, et tout attentat du genre à la vie d'une personne représente une infraction grave à la religion d'Israël".

En février 2008, Shlomo Benizri, parlementaire du parti Shas, avait accusé les homosexuels d'être responsables des tremblements de terre qui se sont abattus sur la région au cours des mois précédents. "Nous cherchons des solutions terre à terre pour nous prémunir contre les effets des séismes, et moi je propose un autre moyen: le Talmud nous dit que l'une des causes des secousses telluriques – que la Knesset (Parlement) a légitimée – c'est l'homosexualité". Shlomo Benizri est un des 12 élus du Shas, sur 120 députés à la Chambre. Dans une discussion au Parlement sur la façon dont le pays doit se préparer aux éventuels tremblements de terre, Shlomo Benizri a déclaré que le gouvernement n'a pas besoin de renforcer des immeubles mais doit plutôt arrêter de passer des lois qui encouragent l'homosexualité comme celle sur l'adoption par les couples du même sexe. La commission de l'éthique de la Knesset a rejeté l'idée d'une plainte contre ces propos, au nom de la liberté d'expression des parlementaires.

Le 10 février [2008], la communauté homosexuelle israélienne a remporté une importante victoire : le procureur général de l’Etat a affirmé que les couples homosexuels pourront adopter des enfants, estimant que le mot « couple » dans la loi en vigueur concerne tous les couples sans distinction. Depuis une quinzaine d’années, la communauté homosexuelle israélienne bénéficie d’une visibilité croissante. Sa situation est évidemment très enviable si on la compare à celle des homosexuels vivant dans les pays voisins du Moyen-Orient où ils sont souvent persécutés. Certains homosexuels palestiniens fuient ainsi vers Tel-Aviv, n’y trouvant parfois d’autres moyens pour survivre que la prostitution, tandis que les autorités israéliennes sont réticentes à leur accorder le statut de réfugié. Dans l’armée, par ailleurs, le sort des homosexuels israéliens est plus favorable que celui des homosexuels américains. Depuis une décision du défunt premier ministre Yitzhak Rabin, les homosexuels qui servent dans Tsahal peuvent afficher librement, s’ils le souhaitent, leur orientation sexuelle.

Déjà un attentat à coups de couteau à la Gay Pride en 2004

La communauté homosexuelle reste cependant l’un des boucs émissaires favoris de la droite religieuse qui bénéficie d’un pouvoir considérable au Parlement notamment. La Gay Pride de Jérusalem en 2006 a ainsi été l’occasion d’un véritable déchaînement homophobe. L’opposition au défilé, menée par des députés religieux et d’importants rabbins, a occupé la « une » des médias israéliens pendant deux semaines. Le vice-premier ministre, Eli Yishai, membre du parti Shas – partenaire important de la coalition gouvernementale d’Ehud Olmert – n’a pas hésité à comparer la manifestation à un attentat terroriste, affirmant que « les gays et les lesbiennes sont des malades ».

Le fait qu’en 2004 un extrémiste religieux ait poignardé trois participants du défilé n’a pas incité les rabbins à adopter une attitude plus responsable. Le premier ministre Ehud Olmert, qui sur le plan personnel est favorable à la cause homosexuelle (sa fille affiche publiquement son homosexualité), et les ministres du Parti travailliste se sont, au mieux, réfugiés dans le silence par calcul politique.

Quant à Shimon Peres, qui depuis lors est devenu le chef de l’Etat, il a choisi de faire état de son opposition à la Gay Pride depuis le domicile du chef spirituel du Shas, le rabbin Ovadia Yossef, qui qualifie régulièrement les homosexuels de « malfaisants et haïssables ». Selon le quotidien « Haaretz », le geste de Shimon Peres aurait en réalité fait l’objet d’un accord avec le Shas. En échange de sa prise de position contre le défilé, il pouvait compter sur le soutien du parti ultraorthodoxe lors de sa candidature à la présidence de la République. Sur la scène politique, seul Meretz, une formation social-démocrate, défend sans ambiguïté les droits des homosexuels.

[1] - Pour la police israélienne, un attentat ne peut être qualifié de "terroriste" que s'il est commis par des Arabes contre des juifs, et en aucun cas s'il est commis par des juifs, quelles que soient les victimes (NDLR)
[2] sépharade ultraorthodoxe
[3] La Knesset a légalisé l'homosexualité en 1988

(LDL)

Les titres et intertitres sont de la rédaction du site