Non-violence

Appel du Mouvement Global de Résistance Non Violente à la politique extrémiste et violente de l’État d’Israël

Cet appel a réuni, à ce jour, 9719 signatures.

La situation actuelle à Gaza met en évidence, une fois encore, l’impasse et l’horreur auxquelles font face les Palestiniens. On ne peut pas se satisfaire de renvoyer les deux parties dos à dos ou espérer qu’une solution émerge de négociations directes sans implication et intervention extérieures fortes et déterminées. Prendre une position de fausse neutralité ou de spectateur impuissant, c’est au fond accepter de laisser faire et s’en tenir à constater, après chaque crise, chaque massacre, que la situation se détériore, que les négociations de paix n’ont mené à rien et que le sort des Palestiniens empire chaque jour.

Le nombre d’organisations de soutien au peuple palestinien à travers le monde – et en particulier en Occident – est impressionnant. On a néanmoins l’impression que l’on peine à se mettre d’accord sur une vision ou une stratégie communes. Dans les débats, on mêle souvent l’analyse des causes du conflit avec l’exposé des principes de la résistance ou encore avec les moyens à convoquer ou enfin les solutions à proposer : difficile dans ces conditions de déterminer un socle commun, et clair, pour fonder un discours, orienter une action multidimensionnelle et constituer un front uni et solide. Afin de résoudre le conflit selon les bases élémentaires et acceptés du droit international, il faut commencer par formuler un certain nombre de principes avec lesquels nous sommes très largement en accord :

  1. Le conflit israélo-palestinien est d’abord un conflit politique (même s’il a des dimensions religieuses qui impliquent de respecter l’égale liberté de culte pour tous - juifs, chrétiens, musulmans – et la liberté de conscience pour tous, croyants ou non).
  2. Il y a un oppresseur ( L’Etat d’Israël) et un opprimé (le peuple palestinien).
  3. La résistance palestinienne est légitime de fait.
  4. Les Palestiniens ont droit à un État et à la liberté.
  5. L’égale dignité des Palestiniens exige une égalité de droits et de traitement quel que soit le choix de la solution envisagée.
  6. Les Palestiniens chassés de leurs terres ont un droit naturel au retour.
  7. Notre engagement se fonde sur un refus inconditionnel et égal de tous les racismes sous quelque forme que ce soit (racisme anti-juif, anti-arabe, antichrétien ou antimusulman, etc.)

À partir de ces sept principes fondamentaux, il est possible de constituer des collectifs locaux, régionaux et nationaux qui déterminent les objectifs prioritaires du mouvement de résistance local/global. Les exemples des « collectifs » ou des « coordinations » en Angleterre, en France et dans certaines régions (aux États-Unis ou en Europe) doivent être multipliés à l’échelle de tous les pays et à travers tous les continents tant il est vrai que le conflit local israélo-palestinien a des conséquences globales sur les réalités politiques et économiques du monde. Ces collectifs régionaux, nationaux et internationaux devraient avoir pour objectifs principaux :

  1. Diffuser une information permanente sur la situation au Moyen-Orient (website, newsletters, conférences, vidéos, livres, etc.) : développer et maintenir une conscience citoyenne des enjeux du conflit au-delà des situations de crises et des couvertures médiatiques.
  2. Déterminer les moyens de résistance non violente à travers le monde (boycotts possibles et coordination des actions concrètes : manifestations, interventions auprès des politiques, etc.) que certaines organisations développent déjà mais sans assez de synergies si ce n’est en temps de crises.
  3. Accompagner et mobiliser le mouvement de solidarité financière pour des projets de développement et de reconstruction (infrastructures, écoles, etc.).

Les derniers événements à Gaza et l’attitude des gouvernements d’Orient comme d’Occident nous convainquent que la passivité et l’hypocrisie largement répandue ne permettra pas de trouver de solution à ce conflit. Tout se passe comme si l’État d’Israël, avec le soutien des États-Unis et de quelques gouvernements européens, ont imposé un état de terreur intellectuelle où personne n’ose parler, dire la vérité, dénoncer l’inacceptable. Pourtant les populations du monde sont de moins en moins dupes et il est possible de sensibiliser et de mobiliser de plus en plus de citoyens refusant de subir un lavage de cerveau médiatique ou de se voir réduits à l’état de spectateurs impuissants.

Il importe aujourd’hui de clarifier nos principes, de déterminer les moyens de la résistance et de coordonner nos actions. Certaines expériences nationales récentes prouvent que ce processus peut se généraliser. Nous appelons les organisations qui ont des années d’expérience, les nouvelles structures et les individus à considérer comme un impératif la création de ce mouvement global à travers des collectifs et des coordinations régionales et nationales portant des objectifs et un discours clairs et proposant des actions communes plus larges et plus efficaces. Il importe de refuser autant les morcellements que les récupérations politiciennes : un socle de principes communs clarifie cet engagement commun et les actions doivent traduire l’esprit déterminé de cette résistance globale. Parce que nous ne pouvons pas rester spectateurs des dénis de droits, des humiliations et des atrocités en Palestine, nous lançons le Mouvement Global de Résistance Non Violente. Nous désirons inviter et engager dans le Mouvement des personnalités publiques (intellectuels, artistes, etc.), des activistes et des citoyens ordinaires à travers le monde de même que des organisations soucieuses de protéger le droit et la dignité des individus et des peuples qui refusent de rester passifs face au silence complice des États d’Orient et d’Occident alors que des civils palestiniens sont quotidiennement tués, emprisonnés ou humiliés dans les nouveaux bantoustans que sont devenus les Territoires occupés par la politique israélienne de colonisation et d’apartheid.

La mobilisation populaire n’a de chance de succès que si elle est internationale et globale.

Parmi les premiers signataires :

Karen Amstrong (UK), Moazzam Beg (UK), Tariq Ramadan (UK), Michael Hudson (USA), Tariq Modood (UK), Michael Warschawski (Jerusalem), Jean-Claude Meyer (France), Francois Houtart (Belgique), Ibrahim Kalin (Turquie/USA), Ziauddin Sardar (UK), Fareed Elshayyal (UK), Syed Faiyazuddin Ahmad (UK), Jeremy Henzell-Thomas (UK), Wilfried Mourad Hoffman (Germany), Roger Abdul Wahhab Boase (UK), Elfatih A.A/Salam, International Islamic University Malaysia (Malaysia), Ahmad Abuljobain (UK), Iftikhar H. Malik (UK), Sergio Yahni (Jerusalem), Lea Tsemel (Jerusalem), Nassar Ibrahim (Beit Sahour), Ahmad Jaradat (Hebron), Harfiyah Haleem (UK), Françoise Duthu (France), Umar Chapra (Pakistan/Saudi Arabia), Michel Collon (Belgique), Dr. Munawar A. Anees (Pakistan), Tahir Abbas (UK), Rafik Beekun (USA), Louay Safi (USA) , Sheila Musaji (USA), Bob Crane (USA), Jafar Siddiqui (USA), Muqtedar Khan ( USA), Charles Butterworth (US), Jocelyne Cesari (USA- France), Istishhad Mousa (Canada), Yahya Birt (UK), Muneeb Nasir (Canada), Dr.Mario Liguori Presidente I.T.I. Istituto Tributario Italiano Centro Studi di diritto e tecnica tributaria (Italia), Tarik Ramdani (France), Remi maliz (France), Nadia Bittame (France), Jeanne-Marie El Mejjad Marrakech (Maroc), Sadeekah Saban - CT (South Africa), Homera Ansari (India), Zineb Rabi Andaloussi (France), Shaheryar Akbar (Pakistan-USA), Gemma Slack (USA), Amjad Saleem (Sri Lanka), David Burrell (USA), Dr Serena Hussain, Loubna Youssef, PhD. Cairo University (Egypt), Claude Calame (France), André Tosel (France), Hamza Piccardo (Italie)

ORGANISATIONS :

European Muslim Network, Présence Musulmane Montréal, Présence Musulmane Toronto, American Muslims of Puget Sound (USA), Collectif des Musulmans de France, Centre Culturel Tawhid (France), Trait d’Union (France), Al Houda (France), AJCREV (Alliance de la jeunesse contre le racisme l’exclusion et la violence) (France), Collectif des Féministes pour l’Egalité (France), Mouvement des Indigènes de la République (France)

(LDL)

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