Hamouri (Salah)

Un Français détenu illégalement par Israël de 2005 à 2011 dont le gouvernement de Paris se fichait éperdument.

Pierre Barbancey - L'Humanité

Il sâappelle Salah Hamouri. Il est français. Il est depuis [quatre] ans dans une prison israélienne parce quâil combat lâoccupation de la Cisjordanie par Israël. Pourtant, le sort de Salah ne semble pas émouvoir outre mesure les autorités françaises. Accusé dâêtre membre du Front populaire de libération de libération de la Palestine (FPLP) et, à ce titre, contre lâoccupation des territoires palestiniens, dâavoir voulu assassiner un dirigeant israélien - en lâoccurrence le rabbin Yossef, leader spirituel de lâorganisation Shaas -, Salah Hamouri est détenu depuis le 13 mars 2005 dans les geôles israéliennes. Il doit comparaître devant la juridiction militaire israélienne, qui, en tant que force dâoccupation, juge ces « délits ».

Comme lâont dénoncé à de multiples reprises les organisations internationales des droits de lâhomme (Amnesty International, FIDHâ) mais également israéliennes (Gush Shalom, Betselemâ), des milliers de Palestiniens sont détenus au mépris du droit international. Câest le cas de Salah Hamouri.

Sa mère, Denise Guidoux-Hamouri, remue ciel et terre pour tenter de sortir son fils de lâemprisonnement militaire. Lâavocate israélienne Léa Tsémel est en charge du dossier. Denise Guidoux est maintenant en relation avec la famille du soldat israélien Guilad Shalit, fait prisonnier à la lisière de la bande de Gaza il y a maintenant plus dâun an. La France, câest bien naturel, cherche depuis à intercéder pour permettre la libération du soldat Shalit. Quâen est-il du jeune Hamouri ?

Obtenir sa libération sain et sauf

Suite à une interpellation de Denise Guidoux, la mère, qui sâétait émue de lâabsence de réaction officielle concernant un ressortissant français et de la différence dâintervention entre son fils et le soldat israélien, le ministère français des Affaires étrangères avait, à lâépoque, répondu par « le cas du soldat franco-israélien nâest pas comparable à celui de votre fils. En effet, le soldat a été pris en otage et est actuellement entre les mains de ses ravisseurs. Nous essayons donc, en relation avec les autorités israéliennes, dâobtenir sa libération sain et sauf, comme nous le faisons pour tout Français enlevé à lâétranger, dans le cadre de lâassistance consulaire ».

La mère de Salah sâest alors tournée vers les parents de Gilad Shalit. « Jâai découvert (â) que votre fils et le mien avaient beaucoup de points communs même si tout semble les séparer, ils sont jeunes et souffrent pour leur pays, ils ont tous les deux la nationalité française, la France se doit donc de les soutenir, de les aider et dâaider leurs familles. » Pourtant, le ministère français continue comme si de rien nâétait. « Sâagissant de la situation de votre fils, celui-ci est emprisonné par les autorités israéliennes, dans le cadre dâune procédure judiciaire en cours, dans laquelle je vous confirme que nous ne pouvons pas interférer », explique un haut fonctionnaire du Quai dâOrsay.

Député honoraire, Jean-Claude Lefort sâest ému de cette situation. Il sâest adressé à Philippe Etienne, directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères (le service de presse a été contacté par lâHumanité), pour dénoncer le « silence particulièrement épais » qui entoure le cas du jeune Franco-Palestinien. Daniel Voguet, avocat français de Salah Hamouri, estime quâ« Israël, pays occupant, nâa aucune base légale pour juger un résistant » et entend sâadresser au gouvernement français pour quâil intervienne comme il le fait pour le soldat Shalit.


Salah, mon fils, mon frèreâ
par CulturePaix
(LDL)

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